Ce jeudi 22 décembre, avec le vote définitif de l’art.68 du projet de loi Égalité et Citoyenneté, par l’Assemblée Nationale, la France interdit, de manière ferme et claire, l’utilisation de toute violence dans l’exercice de l’autorité parentale.

L’article 68 de la Loi Égalité et Citoyenneté complète l’article 371-1
du Code civil

Le deuxième alinéa de l’article 371-1 du Code civil est complété par les mots : « et à l’exclusion de tout traitement cruel, dégradant ou humiliant, y compris tout recours aux violences corporelles »

Notre association, qui œuvre depuis plusieurs années contre la violence éducative ordinaire, accueille avec un beaucoup d’enthousiasme cette nouvelle.

Il sera désormais inscrit dans le code civil que tout recours aux violences, mêmes légères, sur enfant, n’est pas acceptable. Le but étant de susciter une prise de conscience par tous les adultes et une remise en question sur des pratiques éducatives qui n’ont pas leur place au sein des familles.

La loi est la première grande étape, il faudra de suite mettre en place des moyens, auprès des enfants et des adultes, pour informer, sensibiliser et ainsi faire évoluer les mentalités : une éducation sans coups, n’est pas seulement possible, elle est nécessaire. Aujourd’hui, la plupart d’entre eux ignorent que ces comportements sont néfastes pour un bon développement du cerveau et pour l’épanouissement des enfants et que des façons d’éduquer, sans violence, existent.

Il faudra, en même temps, former tous les professionnels qui travaillent en contact avec des enfants et combler ainsi toute lacune dans la connaissance des besoins des plus jeunes.

C’est dans un contexte international et national tendu, avec le bruit des bombes sur la Syrie, les réfugiés qui fuient la mort, les forces de l’ordre sur le qui vive pour la menace de futurs attentats, que la France a choisi sa voie : elle a décidé de s’attaquer au berceau de la violence et à la violence dans le berceau. C’est, en effet, dans la tendre enfance que les coups apprennent aux enfants qu’il serait légitime de s’en prendre à plus faible que soi et que la violence serait une réponse adéquate à un problème. Ce qui, une fois adultes, se traduit très souvent ainsi : on dirige la violence sur soi et/ou sur les autres . Suicides, guerres, violences dans la société et/ou dans la famille sont presque toujours des manifestations de la violence subie dans l’enfance.

Cette loi, réparant une injustice indigne du pays des droits humains, remet sur un plan d’égalité, face à la loi, adultes et enfants : la maison sera à nouveau un lieu de protection, de sécurité, de paix.

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