Un grand nombre d’études scientifiques concluent aux conséquences nocives des VEO sur la santé et le développement de l’enfant.
L’OMS, Organisation mondiale de la santé, a publié un rapport en 2002  compilant de nombreuses études faisant le lien entre les différentes violences subies par les enfants dans le monde (maltraitances et violences éducatives) et les conséquences désastreuses sur leur santé physique et psychologique.

A court et moyen terme :

En 2016, l’OMS déclarait à propos de la violence subie par les enfants, quelle qu’en soit la forme  : “elle provoque un stress auquel on associe une perturbation du développement
précoce du cerveau. Un stress extrême peut affecter le développement du système nerveux et immunitaire.”

En effet, plusieurs études, dont celles de Muriel Salmona (mémoire traumatique et conduites dissociantes 2012), de Nemeroff (Post traumatic Disorder : A state of the science Review influential publications 2009) et de Louville (Louville P et Salmona M : “Clinique du psychotraumatisme”  2013) , illustrent les mécanismes neuro-biologiques générés par toute violence : cette dernière entraîne un état de sidération cérébrale avec de fortes sécrétions d’hormones de stress (adrénaline et cortisol) représentant un risque sérieux pour les organes vitaux. La Docteure Muriel Salmona explique que, pour échapper à ce risque, le cerveau produit d’autres hormones (proches de la morphine et de la kétamine) venant stopper la sécrétion des hormones de stress et ayant un rôle d’anesthésiant émotionnel laissant penser que l’enfant est calmé alors qu’il est en fait déconnecté, comme absent et envahi par un sentiment d’irréalité. Ce mécanisme, appelé “dissociation traumatique”, vient par la suite occulter plus ou moins la mémoire de l’événement qui ne peut être intégrée et reste bloquée dans l’amygdale, ce qui peut entraîner ensuite plus ou moins de déni envers ce qui a été subi ainsi que des conduites dissociantes (dans des comportements d’évitement ou à risque, de la violence reproduite…) pour retrouver une forme d’anesthésie émotionnelle.
Tous ces mécanismes neuro-biologiques, notamment s’ils sont répétés, ne sont ainsi pas sans conséquences sur le psychisme et sur le fonctionnement des différents organes.
Le cerveau de l’enfant est particulièrement sensible au stress (Catherine Gueguen pour Stop VEO, 2019) :

Les relations que l’enfant ou l’adolescent ont avec leurs parents ou leur entourage ont des effets profonds sur les molécules cérébrales, les neurones, les structures et les
circuits cérébraux et donc sur le développement global du cerveau de l’enfant.
Le cerveau de l’enfant très immature le rend beaucoup plus fragile et vulnérable au stress que l’adulte. Or, le stress provoqué par les humiliations verbales ou physiques stimule l’amygdale cérébrale qui déclenche alors la sécrétion des molécules de stress, le cortisol et l’adrénaline.
Le cortisol, quand il atteint des niveaux très élevés ou s’il est sécrété de façon prolongée, a des effets très toxiques pour les neurones, la myéline (manchon graisseux qui
entoure les fibres nerveuses et accélère la transmission de l’influx nerveux), la transmission synaptique (transmission chimique et électrique entre les neurones) et certaines structures cérébrales en développement.

Bruce Mac Ewen montre que le stress, quand il est très important ou répété, peut même provoquer chez l’enfant la destruction de neurones dans des structures importantes du cerveau comme le cortex préfrontal, l’hippocampe, le corps calleux et le cervelet.

Il montre également que le cortisol en trop grande quantité interfère négativement sur l’expression du BDNF (Brain Derived Neurotrophic Factor), facteur de croissance neuronale qui agit sur le développement neuronal et la plasticité cérébrale.
Le stress fragilise l’hippocampe perturbant la mémoire et l’apprentissage :
L’hippocampe, structure cérébrale dévolue à la mémoire et à l’apprentissage, est au cœur de tout apprentissage. Il est particulièrement sensible au stress et à toute détresse émotionnelle avec des résultats désastreux sur l’attention, la concentration, la mémoire et l’apprentissage.
En 2012, Martin Teicher montre que l’hippocampe est diminué de volume chez des enfants humiliés physiquement et/ou verbalement.
La maltraitance émotionnelle freine la maturation du cerveau : La maltraitance émotionnelle est définie internationalement comme tout comportement ou parole qui
rabaisse l’enfant, le ridiculise, le critique, le punit, lui procure un sentiment d’humiliation, de honte, tout ce qui lui fait peur ou le terrorise.
En 2014, Anne-Laure van Harmelen montre que la maltraitance émotionnelle sévère chez l’enfant affecte le fonctionnement du cortex orbito-frontal (COF) et augmente le risque de développer de nombreuses pathologies comportementales et psychiatriques : délinquance, agressivité, anxiété, dépression, troubles dissociatifs (dépersonnalisation, troubles de l’identité) addictions à l’alcool, aux drogues qui peuvent persister à l’âge adulte.
Jaimie Hanson a montré que le cortex orbito-frontal (COF) des enfants ayant subi diverses punitions corporelles présente une diminution de son volume.
Cette région (COF) est capitale puisqu’elle joue un rôle primordial dans nos capacités d’affection et d’empathie, dans notre capacité à faire des choix, dans notre sens
moral. Elle participe aussi à la régulation de nos émotions, ce qui explique les difficultés rencontrées par ces enfants dans leur vie relationnelle.
En 2009, Jeewook Choi, de Harvard, montre que les paroles blessantes, humiliantes, méprisantes des adultes ont des répercussions néfastes sur le cerveau des enfants et altèrent le fonctionnement de circuits neuronaux et de zones participant à la compréhension du langage. Ces atteintes sont également à l’origine également de somatisations, de troubles anxieux, dissociatifs et de dépressions.
Ces études scientifiques ne sont pas simples à prendre en compte car elles nous obligent à sortir de nos habitudes ancestrales et nous incitent à une véritable révolution
éducative.

D’autre part, une méta-analyse, parue en 2016 et portée par des chercheurs de l’université
d’Austin au Texas (Etude de Gershoff) a examiné 5 décennies de recherche portant sur plus de 160.000 enfants. Il en résulte que les punitions corporelles favorisent les troubles du
comportement et que les fessées, qui ont été distinguées des autres châtiments corporels, ne garantissent absolument pas une meilleure éducation, ni sur le court ni sur le long terme, car elles ne permettent pas aux enfants d’avoir un meilleur comportement et ne favorisent  pas la coopération. Au contraire, ceux-ci deviennent agressifs et apprennent à résoudre leurs problèmes par la violence.
A court et moyen terme, les VEO engendrent une diminution de l’estime de soi et un risque accru de troubles psychologiques et du comportement ( études internationales de Felitti et Anda 2010 – Felitti VJ, Anda RF. The Relationship of Adverse Childhood Experiences to Adult Health, Well-being, Social Function, and Health Care. Chapter 8 in The Effects of Early Life Trauma on Health and Disease: the Hidden Epidemic; Editors: Lanius R, VermettenE, Pain C.Cambridge University Press. 2010 ) : anxiété, repli sur soi, baisse de confiance en soi, diminution des capacités d’apprentissage, hyperactivité, dépression, suicide, comportements à risque (jeux dangereux, auto-mutilations..), agressivité subie ou dans les relations aux autres (risque accru d’être auteur ou victime de harcèlement).
L’étude de Marie Choquet (“Adolescents, enquête nationale”, Paris, INSERMINSERM 2008) a montré que la violence subie enfant augmente le risque de devenir violent à l’adolescence (délinquance, comportements asociaux…).
Dans une étude conjointe de l’Université de la Colombie-Britannique et de l’Université Harvard, publiée en 2005, Eleanor Thomas, chercheuse de Statistique Canada, a interrogé,
en 1994 et 1995, les parents de 4129 enfants âgés de 2 à 5 ans au sujet de la fréquence à laquelle ils usaient de châtiments corporels et criaient contre leur enfant. Elle a réinterrogé
ces mêmes parents et enfants, 8 ans plus tard (les enfants étaient alors âgés de 10 à 13 ans). Il en est ressorti un lien très clair entre les pratiques punitives des parents et le
comportement des enfants. Les enfants ayant subi des violences physiques et/ou verbales de la part de leurs parents se sont révélés être plus agressifs (plus de bagarres et
d’intimidations envers les autres), souffrir davantage d’anxiété et être moins altruistes.
Par ailleurs, la Docteure Jacqueline Cornet (association Ni claques ni fessées) montrait dans une étude réalisée en 1997 (Cornet Jacqueline “Faut-il battre les enfants?”Relations entre les accidents et la violence éducative, Martin Média, 1997) auprès de 300 jeunes de 18 à 35 ans interviewés dans des services hospitaliers pour accidentés de la route, que les jeunes qui ont subi des punitions corporelles ont plus de risque d’avoir des accidents de la route, et que ce risque augmente avec la sévérité et la répétition des châtiments corporels reçus dans l’enfance.

A long terme :

À long terme, les VEO entraînent un risque de développer des troubles mentaux comme les troubles anxio-dépressifs, les addictions et des comportements violents.

Par ailleurs, l’Organisation Mondiale de la Santé a montré (Preventing intimate partner and sexual violence against women: taking action and generating
evidence. Geneva: World Health Organization; 2010) le lien entre la violence reçue durant l’enfance et la violence conjugale, qui porte à penser qu’on peut être
frappé et aimer ou encore aimer et frapper. Une étude de Gershoff en 2009 (la méta-analyse de 2009 de Gershoff ET. Corporal punishment by parents and associated child
behaviors and experiences: a meta-analytic and theoretical review. Psychol Bull 2002;128:539-79.) a montré aussi que les punitions corporelles augmentent le risque de reproduire des violences aussi à l’âge adulte sur les conjoints et leurs propres enfants.
D’autres conséquences moins connues des VEO risquent de se déclarer à long terme et à l’âge adulte : risque accru d’affaiblissement du système immunitaire, risque de développer
des problèmes de la peau, des troubles cardiovasculaires, digestifs, de l’asthme, mais aussi risque de déclencher des cancers…
Muriel Salmona, dans un article sur le site “Mémoire traumatique”, cite l’étude prospective américaine de Felitti (2010), qui “montre que le principal déterminant de la santé à 55 ans est d’avoir subi des violences dans l’enfance. Les conséquences sur la santé sont à l’aune des violences subies, plus elles ont été graves, fréquentes et plus les conséquences sur la santé sont importantes : risques de mort précoces par accidents, maladies et suicides, de maladies cardio-vasculaires et respiratoires, de diabète, d’obésité, épilepsie, de troubles
psychiques, d’addictions, de douleurs chroniques invalidantes, etc.”
Selon des études scientifiques, les VEO auraient un impact aussi sur l’expression des gènes qui en serait modifiée jusque dans la descendance. Muriel Salmona explique ainsi dans un article sur les violences éducatives en 2014 :

Des recherches (Patrick O McGowan, Aya Sasaki,,Epigenetic regulation of the glucocorticoid receptor in human
brain associates with childhood abuse Nature Neuroscience12, 342 – 348 (2009) Published online: 22
February 2009 | doi:10.1038/nn.22702009.) ont montré que l’exposition à un stress précoce lié à des violences entraînait des modifications épigénétiques d’un gène régulateur de la production d’une hormone de stress, le cortisol. Cette modification est responsable d’une plus grande vulnérabilité psychologique et physique au stress chez l’enfant puis l’adulte qu’il sera, et peut être transmissible sur deux ou trois générations.

Lien avec la maltraitance :

Les études démontrent également un lien entre la VEO et la maltraitance.
En effet, 75 % des maltraitances ont débuté dans un contexte de punitions corporelles ayant escaladé dans la maltraitance (Selon une étude de Trocmé en 2001, citée par Muriel Salmona dans son livre “châtiments corporels et violences éducatives, pourquoi il faut les interdire en 20 questions-réponses”) .

De plus, la limite entre VEO et maltraitance est bien ténue et variable selon les personnes, les cultures et les époques (cf. illustration de l’iceberg ci-dessous – Iceberg dans le livre d’Olivier Maurel “La fessée”) :

De ce fait, les VEO constituent un véritable terreau de la maltraitance et les éradiquer serait un levier important pour diminuer les maltraitances (et toutes leurs conséquences) qui
restent importantes en France.
En effet, d’après des chiffres de l’ONPE , on dénombre environ 100.000 situations d’enfants en danger (connues du juge des enfants) par année en France et environ 300.000 mineurs suivis en protection de l’enfance.
Les morts d’enfants ne faisant pas l’objet d’un traitement uniforme sur l’ensemble du territoire français, nous ne connaissons pas avec certitude le nombre d’enfants tués chaque
année en France par leurs parents. Si longtemps le chiffre de 2 décès d’enfants par jour du fait de maltraitance a circulé, faisant suite à l’estimation publiée par Anne Tursz (Anne Tursz, Monique Crost, Pascale Gerbouin-Rérolle, Julien Beauté. Inserm U750, Villejuif, France, INSERM, 2011) , on parle aujourd’hui d’un enfant tué tous les 5 jours par l’un de ses parents, soit environ 70 enfants/an, d’après un rapport de l’IGAS faisant la compilation de chiffres officiels. Ce même rapport indique toutefois que ce nombre est très certainement sous-évalué, puisque de nombreux décès suspects ne sont pas comptabilisés comme homicides (principalement des victimes du syndrome du bébé secoué (SBS) et des nouveau-nés tués à la naissance).

Conclusion :

Les VEO constituent donc une véritable urgence de santé publique.
Y remédier contribuerait à réduire efficacement toutes ces conséquences sur la santé et le comportement (et aussi leur coût) et donc à améliorer la santé des enfants et futurs adultes ainsi que leurs relations aux autres.
Ainsi, l’OMS déclarait en 2014 :

La violence est un facteur de risque pour les problèmes de santé et les problèmes sociaux tout au long de la vie. Il est à la fois prévisible et évitable, et
les gouvernements nationaux ont sans aucun doute la responsabilité de s’attaquer à ce problème (UNICEF 2014: “A statistical analysis of violence against children, New York)

 

Par Sybille BEAUVOIS, Cristelle GOGUEY et Séverine VARIN

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Bibliographie de recherches sur l’impact des VEO :

End all corporal punishment of children recense sur son site internet régulièrement actualisé, toutes les études sur l’impact des châtiments corporels sur la santé des enfants :

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