Ils nous soutiennent

– Gilles Lazimi, médecin généraliste au centre municipal de santé de Romainville, responsable des actions de prévention santé :
« Votre combat pour l’interdiction de toutes les violences envers les enfants, notamment toutes les violences dites éducatives ordinaires, est le mien. Toute violence envers les enfants met en danger leur développement, leur croissance, leurs acquisitions, leur affect, leur capacité à interagir avec les autres, met en danger leurs relations avec les pairs et les adultes et grève leur état de santé psychique et physique. Il est urgent de protéger nos enfants de toutes ces violences dites éducatives ordinaires inutiles, inefficaces et potentiellement dangereuses pour leur avenir et celui de notre société. Pour une éducation sans violence, pour une société plus pacifique et empathique, pour que les enfants aient enfin les mêmes droits que les femmes et les hommes. »

– Olivier Maurel, fondateur de l’OVEO et actuel président de l’association, auteur de plusieurs livres dont La Fessée : questions sur la violence éducative (La Plage, 2004), Oui la nature humaine est bonne ! (Robert Laffont, 2009), La violence éducative, un trou noir dans les sciences humaines (éditions l’Instant Présent, 2012) :
« Élevé avec tendresse par une mère aimante et par un père qui, s’il avait été Abraham, ne m’aurait jamais fait le coup du bûcher, même sur l’ordre de Dieu, benjamin de cinq sœurs et frères plus âgés qui m’ont entouré d’affection et de bons sourires, ayant dû courir aux abris, enfant, sous les bombardements américains de novembre 1943 à août 1944, réfugié plusieurs jours et nuits dans une cave avec ma famille au milieu d’un des derniers champs de bataille de la libération de Toulon, ayant eu une sœur déportée à Ravensbruck d’où elle est revenue saine et sauve pour notre bonheur le 25 mai 1945, adolescent sur fond de guerre d’Indochine puis de guerre d’Algérie à laquelle j’ai craint d’être obligé de participer, parce que j’avais connu la tendresse dans ma famille, le goût des hommes pour s’entremassacrer m’a paru incompréhensible. Je me suis donc interrogé toute ma vie sur la violence. Et plus encore quand sont nés mes enfants.

Mais ni l’explication chrétienne par le péché originel, ni l’explication naturaliste par la “bête humaine”, ni l’explication psychanalytique par la pulsion de mort ne m’ont paru convaincantes.

Je me suis senti plus près de la vérité quand j’ai lu Soumission à l’autorité de Stanley Milgram, Des choses cachées depuis la fondation du monde de René Girard, les pages sur le rôle des idéologies dans l’Archipel du Goulag de Soljenitsyne.

Mais tout s’est éclairé quand l’élue de mon cœur m’a fait lire C’est pour ton bien d’Alice Miller. Il m’a paru alors évident que la majeure partie de la violence des hommes leur est inculquée dans leur âge le plus tendre, au moment où leur cerveau se forme, par leurs parents et souvent leurs maîtres qui, croyant bien faire, pour les éduquer, les battent comme plâtre sur toute la surface de la terre, et cela depuis les environs du néolithique ce qui a fait de la violence leur seconde nature.

Voilà pourquoi tout ce que j’ai écrit tourne autour de la violence et de la non-violence. »

– Brigitte Oriol, psychothérapeute et assistance d’Alice Miller :
« J’étais une jeune adulte de 24 ans, quand mon attention s’est portée pour la première fois sur un acte de violence ordinaire d’une mère, que je connaissais particulièrement bien, sur sa toute jeune fille de presque trois ans à l’époque.

Non pas que je n’avais jamais assisté à des situations semblables par le passé puisqu’il était fait de ce type de brimades, mais parce que ces traitements faisaient partie du répertoire de ma mémoire d’enfant, comme des gestes licites et même salutaires.

Sauf que ce jour-là, pour la première fois, ces coups ont réveillé, chez moi, une réaction immédiate en faveur de la petite fille et à la suite de quoi, je ne tardais pas à être mise à la porte pour ma prise de position.

Pour la toute première fois, je ressentais une douleur profonde en moi, une sensation qui m’était inconnue, j’étais bouleversée par ce que je venais de voir, j’ai pleuré d’impuissance, terrassée d’une immense tristesse et même terrorisée au point que je me suis éloignée géographiquement de cette personne qui pourtant m’était très chère.

Je ne savais pas encore à ce moment-là, que je fuyais tout ce qui pouvait me rappeler mon propre passé douloureux.

Un des premiers dégâts causés par la violence ordinaire c’est de ne pas avoir accès à sa palette d’émotions qui nous permet de réagir en situation de danger ou de ressentir de l’empathie devant des enfants « corrigés » par des parents également en carence totale d’empathie.

J’avais déjà 24 ans quand je me suis laissée saisir par ce que je venais de voir, j’aurais dû être heurtée bien avant cet âge, si mon cerveau n’avait pas été « endommagé » au point que je ne puisse pas reconnaître un acte de violence et ne pas ressentir la révolte contre ces agissements.

Il m’a fallu ensuite encore beaucoup de temps pour récupérer ma « boussole  émotionnelle » et pouvoir me diriger dans ma vie, j’ai rencontré des gens formidables sur mon chemin pour y parvenir, mais c’est Alice Miller qui m’a permis de me libérer définitivement de ce poison mortel qu’est le déni.

Parler de la violence ordinaire c’est la placer au palmarès des affections comme « le cancer »  qui provoque des ravages encore inconsidérés par le grand public et qui sont tout aussi dévastateurs sur le développement de notre personnalité comme de notre santé. »