Journée de la non-violence éducative – 30 avril 2026
84 % des parents concernés : les violences éducatives ordinaires restent massives en France
« Aucune violence n’est éducative. Pourtant, aujourd’hui encore, les violences font partie du quotidien de la grande majorité des enfants. »
À l’occasion de la Journée de la non-violence éducative, le 30 avril, Stop VEO, en partenariat avec Mouv’Enfants, la Fondation pour l’Enfance et AVI – Action contre les Violences Infantiles, alertent sur l’ampleur persistante des violences dites « éducatives ordinaires » (VEO).
Selon le dernier baromètre de la Fondation pour l’Enfance et de l’équipe de recherche PréVEO, 84 % des parents interrogés déclarent avoir eu recours à au moins une forme de violence éducative au cours des 12 derniers mois précédant l’enquête.
Cris, menaces, humiliations, punitions ou gestes violents : ces pratiques restent largement répandues, souvent banalisées, voire perçues comme nécessaires dans l’éducation.
Des conséquences bien réelles pour les enfants
Les recherches scientifiques sont aujourd’hui unanimes : les violences « éducatives et ordinaires » ont des effets négatifs sur le développement de l’enfant. Elles peuvent entraîner durablement anxiété, troubles du comportement, difficultés relationnelles et altération de l’estime de soi.
Un cadre légal clair
La loi du 10 juillet 2019 interdit toute forme de violence dans l’éducation. Elle affirme qu’aucune violence, qu’elle soit physique ou psychologique, ne peut être considérée comme un mode d’éducation. Cette position a été réaffirmée en début d’année par la Cour de cassation, qui confirme qu’il n’existe pas de « droit de correction » des parents sur leurs enfants.
Le droit pénal prévoit d’ailleurs que les violences commises sur un mineur constituent une infraction, avec des peines aggravées lorsque l’auteur est un parent ou une personne ayant autorité sur l’enfant. Cette reconnaissance souligne la gravité particulière de ces actes lorsqu’ils surviennent dans le cadre familial.
Au-delà du cadre national, la France est engagée par la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), qui garantit à chaque enfant le droit d’être protégé contre toute forme de violence, y compris au sein de sa famille (article 19).
Changer de regard, accompagner les parents
Malgré ce cadre juridique clair, les pratiques évoluent lentement. « Ces résultats montrent que les violences dites éducatives ordinaires ne sont pas marginales, mais profondément ancrées dans les habitudes éducatives », soulignent les organisations signataires.
Si ces pratiques persistent, c’est aussi parce qu’elles sont souvent transmises de génération en génération et liées à un manque d’information ou de solutions alternatives. Il est donc essentiel d’accompagner les parents, sans les stigmatiser, vers des pratiques éducatives respectueuses, fondées sur l’écoute, le cadre et la bienveillance.
L’objectif : permettre à chacun de disposer de repères et d’alternatives concrètes pour éduquer sans violence.
Un enjeu collectif
Mettre fin aux violences éducatives ordinaires est un enjeu de société majeur. Protéger les enfants contre toute forme de violence, c’est investir dans une société plus juste, plus apaisée et plus respectueuse des droits fondamentaux.
À l’occasion du 30 avril, Stop VEO, Mouv’Enfants, la Fondation pour l’Enfance et AVI appellent à un renforcement des actions de sensibilisation et d’accompagnement à la parentalité et invitent chacun – parents, professionnels, institutions – à s’informer, à questionner ses pratiques et à s’engager pour une éducation sans violence.
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Contacts presse :
- AVI : Aude Lafitte aude.lafitte@associationavi.fr
- Stop VEO Enfance sans violences : Dr Gilles Lazimi gilleslazimi@gmail.com
- Mouv’Enfants : Arnaud Gallais gallaisa95@gmail.com
- Fondation pour l’Enfance : Joëlle Sicamois joelle.sicamois@fondation-enfance.org

