Non, une claque n’est pas un geste éducatif
Le 14 mai 2025, François Bayrou, Premier Ministre, a voulu justifier et minimiser la gifle qu’il a administrée à un enfant en 2002. Plus de 23 ans se sont écoulés et M. Bayrou parle de “tape”. Il affirme avoir eu un « geste éducatif » et assure que “ce n’était pas une violence ». Ces propos vont à l’encontre des droits des enfants et de la loi du 10 juillet 2019.
StopVEO, Enfance sans violences, et Mouv’Enfants s’insurgent contre ces propos, dangereux et graves, tenus par le Premier Ministre. Ils contribuent à minimiser, banaliser et légitimer les violences éducatives et à entretenir une culture de la violence envers les enfants. Ils envoient un message délétère, selon lequel user de la violence sur les enfants en tant qu’adulte en position d’autorité serait acceptable pour les “remettre dans le droit chemin”.
Une claque est un geste violent. Toujours
Qu’elle soit donnée par un parent, un enseignant, une personnalité politique ou tout autre adulte, une gifle n’est pas un geste d’éducation. C’est un acte de domination, une violence physique infligée à une personne vulnérable, ici un enfant.
Aucune violence envers un enfant n’est minime, qu’elle soit physique ou verbale, elle est délétère et entrave sa santé et son développement.
Un signal ambigu et potentiellement dangereux pour la société
En légitimant son geste comme « éducatif », François Bayrou renforce les stéréotypes qui nourrissent les violences faites aux enfants. Il cautionne implicitement une forme d’éducation par la peur, la douleur et la soumission, alors que nous savons qu’elle est non seulement inefficace, mais délétère.
Par ailleurs, la justification d’un geste de “père de famille” renforce les stéréotypes de genre selon lesquels l’autorité relève principalement des pères. Cette vision est discriminante pour une partie des familles, mais aussi nuisible à l’égalité des genres et à une parentalité égalitaire. Cela fait d’ailleurs écho au mauvais usage du mot “autorité” au sein du gouvernement. Nous rappelons que le Comité des droits de l’enfant des Nations unies a réprouvé la France sur ce sujet en 2016 en lui suggérant de remplacer le mot “autorité” par “responsabilité parentale”.
De tels propos tenus par un premier ministre sont lourds de conséquences.
Lorsqu’un responsable public minimise une gifle, il banalise toutes les violences éducatives ordinaires. Il invalide les efforts de sensibilisation, de formation et de prévention portés depuis des années par des professionnels de l’enfance, de la santé, des associations engagées. Il remet en question la loi de 2019 votée par les deux chambres à l’unanimité moins une voix.
La loi doit être appliquée. Par tous.
Depuis la loi du 10 juillet 2019, l’article 371-1 du Code civil indique que :
« L’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques. »
La France a rejoint les nombreux pays qui reconnaissent enfin aux enfants le droit fondamental d’être protégés contre toute forme de violence, y compris dans le cadre familial ou éducatif.
StopVEO, Enfance sans violences et Mouv’Enfants rappellent qu’éduquer, ce n’est pas frapper. Ce n’est pas humilier. Ce n’est pas faire peur, ce n’est pas faire souffrir.
Éduquer, c’est aider à grandir, aider son enfant à se développer et l’accompagner en respectant ses droits, en posant un cadre clair, respectueux bienveillant et sans violences.
L’urgence est d’accompagner la loi
Les chiffres restent préoccupants ! La connaissance autour des violences éducatives ordinaires (VEO) progresse… Aujourd’hui, près de 79% des Français affirment savoir ce que sont les VEO mais le recours à ces méthodes éducatives se maintient voire augmente.
8 parents sur 10 avouent avoir eu recours à au moins une violence éducative ordinaire dans la semaine précédant une enquête menée par la Fondation pour l’enfance avec l’Ifop en juin 2024.
De l’article 19 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) découle pour l’État une obligation de protéger les enfants de toute forme de violence.
L’État doit réaliser un véritable travail d’information et d’accompagnement des parents et de formation des professionnels à la protection des enfants des violences, dont les violences éducatives ordinaires sont le modèle le plus fréquent, le plus répandu et le plus banalisé. L’Etat doit aussi accompagner la loi de 2019 dans tous les espaces publics et privés, pour qu’enfin, la santé et le développement de l’enfant soient au centre des préoccupations politiques.
Nous appelons les responsables politiques à se montrer exemplaires dans leurs gestes comme dans leurs paroles.
Les violences éducatives ordinaires sont interdites. Elles sont délétères pour la santé et le développement de nos enfants. Elles ne sont plus tolérées.
StopVEO, Enfance sans violences se portera partie civile pour soutenir les victimes de Betharram.
StopVEO, Enfance sans violences et Mouv’Enfants soutiennent toute démarche publique politique et législative pour interdire et pénaliser toutes discriminations envers les enfants, toute violence envers les enfants et tout discours faisant l’apologie des violences envers les enfants.
StopVEO est disponible pour toutes sollicitations, toutes formations et sensibilisation des préfets, des magistrats, des élus, et des ministres sur les violences éducatives ordinaires.
Gilles Lazimi
Président de StopVEO, Enfance sans violences
Céline Quelen
Directrice générale fondatrice de StopVEO, Enfance sans violences
+33 7 50 89 22 96
Association loi 1901 reconnue d’intérêt général enregistrée sous le n°W224005557 à la Préfecture de Saint-Brieuc
18 rue de la Ville au Bedel 22190 Plérin
Arnaud Gallais
Président fondateur de Mouv’Enfants
+33 6 10 95 05 34
Association loi 1901
