Quand la justice minimise les violences éducatives ordinaires et échoue à protéger les enfants
Le 12 mai 2025, le tribunal correctionnel de Nancy a rendu un jugement qui interpelle profondément notre association et tous ceux qui œuvrent pour une enfance sans violences.
Un père de 44 ans, reconnu auteur de violences régulières sur son fils de 6 ans – coups de ceinture, coups de chaussure – a conduit ce dernier dans un bois, en pleine nuit, le soir d’Halloween, avec pour objectif affiché de « lui faire peur » en simulant un abandon. L’enfant, terrifié, s’est accroché à la portière du véhicule en marche. Il a été traîné sur plus de 100 mètres avant que son père ne s’arrête et ne le conduise aux urgences.
L’enfant présentait de multiples plaies et ecchymoses, 3 semaines d’hospitalisation, et 4 mois plus tard, l’enfant ne marche toujours pas normalement..*
Malgré la gravité extrême des faits, les déclarations cohérentes de l’enfant, les antécédents de violences, et le comportement mensonger du père face aux soignants et au juge, le tribunal a choisi de requalifier les faits en « blessures involontaires ». Résultat : 18 mois de prison avec sursis, sans retrait de l’autorité parentale. Le parquet a dix jours pour faire appel.
Une décision incompréhensible et inquiétante
StopVEO dénonce avec la plus grande fermeté une décision qui minimise les violences éducatives ordinaires et banalise les violences graves, perpétrées au sein même de la sphère familiale. Ce jugement témoigne, une fois de plus, d’une tolérance judiciaire inacceptable envers les violences infligées aux enfants par leurs propres parents.
Pourtant, depuis le 10 juillet 2019, la loi française est claire. L’article 371-1 du Code civil précise désormais :
« L’autorité parentale s’exerce sans violences physiques ou psychologiques. »
Mais que vaut une loi si elle n’est ni appliquée, ni prise au sérieux par ceux chargés de la faire respecter ? Que vaut une protection légale si l’on renvoie chez son agresseur un enfant gravement blessé, sans même lui retirer l’autorité parentale ?
StopVEO appelle à une véritable prise de conscience
Nous appelons les pouvoirs publics, les magistrats, les professionnels de l’enfance et l’ensemble de la société à prendre enfin la mesure de la violence faite aux enfants.
Chaque enfant a droit à une enfance sans violences.
Gilles Lazimi
Président
Céline Quelen
Directrice générale
+33 7 50 89 22 96
Association loi 1901 reconnue d’intérêt général enregistrée sous le n°W224005557 à la Préfecture de Saint-Brieuc
18 rue de la Ville au Bedel 22190 Plérin
*references
https://www.20minutes.fr/justice/4144091-20250318-nancy-retrouve-chemin-erreur-pere-abandonne-fils-foret-tente-justifier
https://www.20minutes.fr/faits_divers/4153123-20250513-nancy-homme-condamne-18-mois-sursis-avoir-voulu-abandonner-enfant-foret
