Mercredi 1er mars, à Paris, c’est dans une salle où les personnalités et les représentants d’associations, engagé-e-s dans la protection des enfants ne manquaient pas, que Laurence Rossignol, la Ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes a présenté son Plan interministériel de mobilisation et de lutte contre les violences faites aux enfants. Notre association, qui avait été conviée, était représentée par sa présidente, Céline Quelen, et par sa vice-présidente, Aurora Macchia.

Le premier plan de ce type, dédié à la lutte contre les violences faites aux enfants. Pour rappel, la lutte contre les violences faites aux femmes en compte cinq.
D’une durée de trois ans (2017-2019), il prévoit la mise en place de mesures pour combattre un panel large de violences, dont beaucoup d’enfants sont victimes : la violence éducative ordinaire (VEO), la maltraitance, les violences sexuelles, l’exposition à la pornographie ou aux violences conjugales.

Il est intéressant de souligner que le discours de la Ministre s’est attardé longtemps sur les violences éducatives ordinaires, alors que celles-ci passent trop souvent sous silence, dans la lutte pour la protection de l’enfance. Dans le plan, c’est la mesure 6 qui prévoit des stratégies pour prévenir et combattre la VEO : promotion d’une éducation sans violence et soutien aux familles dans l’exercice de leur parentalité, dans un but de prévention, mais également mobilisation des lieux de soutien à la parentalité pour promouvoir une éducation sans violence.

Cette mesure se traduira par la mise à jour du carnet de santé, avec un message sur l’éducation non-violente et sur le bébé secoué ; par l’actualisation, dès ce mois-ci, du livret qui est distribué depuis un an déjà aux parents qui attendent un premier enfant ; enfin, les parents d’adolescents recevront entre le 11ème et 12ème anniversaire de leur enfant, un livret pour les aider, mais aussi les informer sur des lieux et personnes auxquelles ils peuvent s’adresser, en cas de besoin.
Laurence Rossignol a précisé que ce plan vient conclure une politique globale de défense de l’enfance et a poursuivi en affirmant, comme elle l’avait déjà fait durant son mandat que « Les enfants n’appartiennent pas aux parents. Ils n’ont pas un droit de propriété sur eux ».

Ministre a aussi rappelé le lien entre maltraitance et VEO :

« On ne sait pas à quel moment commence la maltraitance… donc aucune forme de violence et punition corporelle envers un enfant n’est tolérable… Nous sommes responsables collectivement ».

Elle a souligné que ce premier plan est une incitation à ses successeurs.

StopVEO ne peut qu’être ravie de voir, pour la première fois, un membre du gouvernement se mobiliser contre la VEO et veillera à ce que les mesures de ce plan soient tenues par le prochain gouvernement (nous rappelons que les élections présidentielles débuteront le mois prochain, NDLR).

Si la Ministre, de son propre aveux, a indiqué que « C’est un plan ambitieux, mais il manque sûrement des choses », pour StopVEO, ce plan doit marquer le début d’un processus qui amènera la France à inscrire l’interdiction définitive des violences éducatives dans son code civil.